Programme Inria Quadrant
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Lettre d'information trimestrielle #3
Mars 2026
Edito
2026, année de l'accompagnement !

Après un démarrage en 2024, l'année 2025 aura permis de passer à l'échelle et déboucher sur un nombre toujours plus important de projets accompagnés ainsi qu'une couverture de l'ESR désormais quasi complète. Dans la continuité de cette croissance, 2026 sera-t-elle l'année de la maturité ?

Le thème central de cette année sera en tout cas l'accompagnement. Les premiers projets admis comptent déjà une année d'activité. Huit premières fins de phase ont eu lieu avec, systématiquement, un échange de nature scientifique avec la porteuse ou le porteur du projet. Ces échanges ont mené au lancement sicut posuit de la phase suivante (25% des fins de phase réalisées) ou à une révision de la feuille de route du projet (75%), très souvent à la demande du scientifique (50%), que ce soit pour adapter la durée du projet (50%), les moyens qu'il demande (33%) et/ou la nature du travail réalisé (50%). Dans un premier cas, la fin de phase a donné lieu à une fin d'accompagnement du projet par le programme. La prise de risque est assumée par le programme et les résultats ou conditions de réalisation des projets ne permettront pas systématiquement de réaliser leur ambition d'impact.

Actualités
Rapport d'activité PIQ 2025

Nous avons eu le plaisir de démarrer l'année 2026 en réunissant la communauté des référents PIQ. Courant janvier, 6 sessions successives ont permis de présenter à l'ensemble des interlocuteurs du programme le bilan de l'activité 2025 ainsi que les perspectives pour 2026. Ces moments ont également permis des échanges constructifs autour du fonctionnement du programme, de l'implication des référents et des temps forts à venir en 2026. Si nous avions déjà communiqué quelques éléments quantitatifs fin 2025, notamment dans la dernière édition de cette lettre d'information, nous avons pu largement entrer dans les détails. En particulier :

  • 122 candidatures reçus pour 32 projets admis et 20 candidatures en cours d'instruction
  • 67 référents PIQ localisés sur 53 sites couvrant plus de 126 établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche
  • 26 établissements financés par le programme avec 38 structures et 42 tutelles hébergeant des projets PIQ

Ceci n'est qu'un aperçu. N'hésitez pas à contacter votre référent PIQ de site pour en apprendre davantage.

Mise à jour - Save the date - Rencontres PIQ - 2 décembre 2026

Pour des raisons de collision d'agenda et de disponibilité du lieu d'accueil, nous nous trouvons dans l'obligation de décaler la seconde édition des Rencontres du Programme Inria Quadrant au 2 décembre 2026 après-midi. Nous vous confirmerons très prochainement le lieu, à Paris. Merci de mettre à jour votre agenda ou, si vous ne l'avez pas encore fait, de bloquer la demi-journée.

Visuel lien
© Inria / Photo B. Fourrier
Les derniers projets admis
Back in Time
Porté par Cécile Pierrot, Chargée de recherche, Centre Inria de l'Université de Lorraine, Inria.
Bien que le nombre de documents chiffrés dans les archives et bibliothèques européennes soit faramineux et que les informations qu’ils contiennent soient parmi les plus sensibles, il n’est actuellement pas possible de les traiter informatiquement, encore moins à grande échelle. Il devient donc urgent de penser, créer, et développer un outil informatique pour la cryptanalyse automatisée de chiffrements anciens, notamment produits entre le XVe et le XIXe siècle. Pour cela, Back in Time met en relation trois domaines de recherche : la cryptographie, l’histoire et l’intelligence artificielle.
HICAAR
Porté par Pierre de Loor, Professeur des Universités, LAB-STICC, Institut National Polytechnique de Bretagne.
HICAAR (Hippocampus-Inspired Computational model for general Artificial Abstract Reasoning) vise à exploiter les capacités d’abstraction de l’hippocampe étudiées en neurosciences afin de doter des modèles informatiques de ces mêmes aptitudes. Aujourd’hui, même les grands modèles de langage très coûteux en ressources restent peu performants sur des tâches d’abstraction pourtant simples pour les humains. Le présent projet emprunte une autre trajectoire, inspirée des neurosciences et des racines sensorimotrices de la cognition plutôt que celles du langage.
SERISIA
Porté par Nathan Ferret, Maître de conférence, Centre Max Weber, École Normale Supérieure de Lyon.
SERISIA vise à cartographier la diversité des usages et rapports aux IA à travers une enquête mêlant questionnaire sociodémographique et dialogue avec un agent conversationnel. Ce dispositif inédit permet d’observer comment des interactions socialement situées peuvent transformer l’IA, révélant l’émergence possible de “dispositions artificielles” — des propriétés sociales encodées à travers une socialisation algorithmique différenciée.
MicroscopIA
Porté par Emmanuel Faure, Chargé de recherche, LIRMM, CNRS.
MicroscopIA ambitionne de réinventer la microscopie 3D en créant un microscope intelligent capable de décider en temps réel quoi observer, comment et à quelle résolution. En combinant matériel open-source, intelligence artificielle et interaction immersive avec les données, le projet vise à transformer l’instrument en système adaptatif autonome, ouvrant la voie à une nouvelle génération de microscopes augmentés pour la biologie du vivant.
NeurOpt
Porté par El-Ghazali Talbi, Professeur des Universités, CRISTAL, Université de Lille.
L’objectif central du projet NeurOpt est de concevoir une nouvelle génération d’algorithmes d’optimisation basés sur le calcul neuromorphique. Ces NeurOptimiseurs viseront à traiter des problèmes d’optimisation de grande échelle, tout en réduisant drastiquement la consommation d’énergie, la latence et l’empreinte matérielle. Contrairement aux architectures de von Neumann, le calcul neuromorphique repose sur des principes asynchrones et événementiels, avec une colocalisation de la mémoire et du traitement, ce qui soulève des défis scientifiques fondamentaux. Ce projet ambitionne ainsi de redéfinir le domaine de l’optimisation en introduisant des approches innovantes de calcul neuromorphique pour résoudre des problèmes complexes.
FASTA
Porté par Dimitrios Thilikos Touloupas, Directeur de recherche, LIRMM, CNRS.
FASTA vise à fonder une théorie de « second ordre » des algorithmes : déterminer, pour des problèmes sur graphes, dans quelles classes ils sont efficacement solvables. En s’appuyant sur la théorie structurelle des graphes et les dualités paramétriques, le projet identifiera des seuils tractable/intractable et produira des méta-algorithmes (algorithme ou preuve de dureté).
Myolibre
Porté par Christophe Braillon, Ingénieur de recherche, Centre Inria de l'Université Grenoble-Alpes, Inria.
Myolibre vise à développer une prothèse de main open-source légère, peu coûteuse et maintenable en fablab. Le projet explore des innovations mécatroniques : motorisation brushless sans capteur, réducteur miniaturisé à réduction variable, modélisation numérique paramétrique de la main et de l’emboîture notamment en utilisant des scans 3D. Le but du projet est de permettre la production de prothèses robustes, réparables et fabricables localement et en améliorer l'accessibilité.
Zoom sur nos projets actifs
LarvaTech ou Harnessing Advanced Engineering and Genetic Manipulation in Drosophila Larvae for Modelling and Treating Neurodegenerative Diseases and Beyond est porté par Jean-Baptiste Masson, Chercheur, Decision and Bayesian Computation Lab, Institut Pasteur, démarré le 1er juin 2025.

Le projet LarvaTech introduit une nouvelle approche pour la découverte de médicaments contre les maladies neurologiques en utilisant les larves de Drosophila comme modèle. Il propose de tester simultanément des dizaines de milliers de larves, en utilisant des approches mathématiques et technologiques avancées, pour détecter des changements comportementaux et des dynamiques neuronales. Cette stratégie devrait permettre d’accélérer le criblage des médicaments, de relier les altérations comportementales aux dynamiques neuronales et d’ouvrir de nouvelles directions pour la compréhension et le traitement des maladies au-delà des neurosciences.

ARPEL ou Audit de la recommandation et pratiques en ligne : vers de nouvelles méthodes est porté par Anne Bellon, Maîtresse de conférences, COSTECH, Université de Technologie de Compiègne, démarré le 1er octobre 2025.

Le projet ARPEL vise à développer un outil innovant pour le don de données, afin d’équiper la recherche sur la recommandation et les pratiques en ligne. Face à la dépendance croissante des chercheurs aux données fournies par les API des grandes plateformes (souvent partielles ou biaisées), et dans un contexte de restrictions accrues d’accès à ces données, l’objectif est de développer une extension web et une application permettant une collecte directe et contextualisée auprès des utilisateurs, enrichie d’informations sociodémographiques.

Scale-DNA ou Surmonter les défis d’échelle : nouveaux modèles et algorithmes pour intégrer la molécule d’ADN dans les jumeaux numériques bactériens est porté par Ivan Junier, Directeur de recherche, TIMC, CNRS, démarré le 1er avril 2025.

Un défi majeur de la biologie des systèmes est la création de jumeaux numériques bactériens pour des applications en santé et en industrie. Cela nécessite un modèle prédictif des propriétés de l’ADN, support physique de l’information génétique et de sa transmission. Cependant, les modèles et simulations actuels restent limités à de petites molécules ou à des approches imprécises. Ce projet vise à développer de nouveaux modèles et outils de simulation pour surmonter ces limites d’échelle et intégrer pleinement l’ADN dans les jumeaux numériques.

TOUT-ZK 2 ou Évaluation systématique à grande échelle et composition de logiciels zero-knowledge pour une utilisation en conditions réelles est porté par Daniel Augot, Directeur de recherche, Centre Inria de Saclay, Inria, démarré le 1er octobre 2025.

Les preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge) permettent maintenant des applications fondamentales, comme l'authentification des données et des calculs, même après transformation (lutte contre la désinformation). Il y a eu une explosion des logiciels ZK, accompagnée d'investissements importants. Cependant, le paysage logiciel correspondant est fragmenté, et avec des performances survendues. TOUT-ZK évaluera les performances réelles des logiciels ZK, fournira du code pour l'interopérabilité des logiciels ZK et améliorera l'architecture RISC-V pour les preuves ZK.

Plus d'informations sur le programme
Cette newsletter est gérée par l'équipe de direction PIQ.
Ce travail a bénéficié d'une aide de l'état gérée par l'Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030 portant la référence « ANR-24-RRII-0002 ».
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